Déclarer une créance
À partir de la publication du jugement, tous les créanciers
dont la créance est née antérieurement au jugement
d'ouverture, à l'exception des salariés, doivent
impérativement déclarer leurs créances entre les mains du
mandataire judiciaire dans les délais et modalités
légales.
Les créanciers titulaires d'une sûreté ayant fait l'objet
d'une publication ou liés au débiteur par un contrat
publié sont avertis personnellement ou, s'il y a lieu,
à domicile élu par lettre recommandée avec demande d'avis
de réception. À l'égard de ces derniers, le délai pour
déclarer leurs créances court à compter de la notification
de cet avertissement.
L'obligation de déclarer sa créance s’impose même si la
créance fait l'objet d'un litige non encore tranché,
qu'elle soit conditionnelle, éventuelle, certaine ou
contestée, liquide ou non, exigible ou à terme.
Mode opératoire
Vous disposez d'identifiants de connexion ET
avez
reçu une invitation à déclarer pour le mandat
concerné :
- Saisissez vos identifiants de connexion à
droite
de cette page et cliquez sur
se connecter ;
- Cliquez sur créances à
déclarer ;
- Cliquez sur saisir votre
déclaration
Les identifiants de connexion sont communiqués
par le mandataire judiciaire dans le courrier
d’invitation à déclarer la créance.
Ils sont personnels et doivent être modifiés à
la première connexion et sont à conserver
précieusement pour accéder au suivi de vos
créances.
Vous NE disposez PAS d'identifiants de
connexion OU
n’avez PAS reçu d’invitation à déclarer pour
le mandat concerné :
- Recherchez le mandat concerné par la
déclaration de créance
sur ce moteur de recherche
;
- Dans le champ
Nom de l'entreprise,
tapez le nom de l'entreprise
puis sur Rechercher ;
- Une fois le mandat trouvé, cliquez sur
le nom de l'entreprise ;
- Au sein de la fiche mandat, cliquez sur
remplir votre déclaration en
ligne ;
- Acceptez les conditions générales
d'utilisation.
Étape 1
Renseignez vos noms et prénoms. Si vous êtes
connecté, cette opération est déjà effectuée.
Étape 2
Joindre un document justificatif de votre créance,
comme la facture que doit régler votre
débiteur.
Étape 3
Confirmation de votre déclaration de créance. Vous
recevez un mail sur l'adresse mail que vous avez
renseigné.
Il est inutile de doubler la déclaration de créance
en ligne par un envoi papier.
Qui établit la déclaration ?
- Le représentant légal, s'il s'agit
d'une personne morale.
- Le créancier, s'il s'agit d'une
personne physique.
- Toute personne habilitée par le créancier
en vertu d’une délégation de
pouvoir (ex : un salarié) ou d’un mandat
(ex
: un avocat).
Qui est le destinataire de la déclaration ?
La déclaration doit être adressée
à
la SELARL MJP au plus tard dans les deux mois de la
publication du jugement d’ouverture de la
procédure au Journal Officiel de la Nouvelle- Calédonie
par lettre recommandée avec accusé de réception,
mais la jurisprudence permet la
déclaration en ligne sur le site du mandataire
judiciaire, ce qui n’entraîne aucun coût
et
permet d’accéder à diverses
fonctionnalités dont l’accès aux
informations sur l’état d’avancement de
la
procédure collective.
La déclaration de créance
Si le débiteur vous a porté sur la liste des
créanciers,
le mandataire judiciaire vous adresse une invitation
à déclarer
votre
créance.
A défaut, les créanciers doivent consulter
les
annonces légales publiées sur le Journal
Officiel de la Nouvelle-Calédonie.
(https://juridoc.gouv.nc/JuriDoc/JdWebE.nsf/Juristart?openpage)
Elle mentionne :
- Le montant exact de la créance due au jour du
jugement d'ouverture de la procédure.
- L'indication des sommes à venir (dites
“à
échoir)”et la date de leurs échéances.
- Les éléments de nature à prouver
l'existence
et le montant de la créance si elle ne résulte
pas d'un titre
(décision de justice ou acte notarié
comportant la formule exécutoire). Exemples :
facture, bon de commande, contrat, décompte
d’intérêts, ou tout document
juridique
et comptable qui justifie l'existence et le
montant de
la créance
- La nature d'un privilège ou d'une sûreté
éventuelle. Exemples : hypothèque, gage,
nantissement,...
- Si le montant de la créance n'a pas encore
été fixé, il convient d’indiquer
une évaluation du montant maximum de la
créance. Ce montant doit être un chiffre
précis.
Les mentions “Pour mémoire” ou
“A
parfaire” n’ont aucune valeur
déclarative.
- Le juge-commissaire pourra demander le visa du
commissaire
aux comptes ou, à défaut, de l'expert-comptable
sur la déclaration de
créance.
- Si la créance fait l'objet d'un litige,
l'indication
de la juridiction saisie.
- Si elle produit intérêts, il faut préciser
le taux contractuel ou légal éventuellement
majoré, et les modalités de
calcul des intérêts dont le cours n'est
pas arrêté. Cette indication vaut déclaration
pour le montant ultérieurement
arrêté.
- Sauf si elle résulte d'un titre exécutoire,
la créance doit être certifiée
sincère,
car le créancier doit
faire connaître sa volonté claire et
expresse
de réclamer le paiement de sa créance.
Le délai pour déclarer
La déclaration de créance doit être
faite
dans un délai de deux mois à compter de la
publication du jugement d'ouverture au
JONC (Journal Officiel de la
Nouvelle-Calédonie).
Ce délai est allongé de deux mois pour les créanciers
domiciliés hors de la
Nouvelle-Calédonie.
La vérification des créances
Le mandataire judiciaire qui reçoit les déclarations
de créances établit, après vérification
avec le débiteur, une
liste des créances déclarées avec ses
propositions d'admission, de rejet ou de renvoi. Cette
liste est transmise au juge-commissaire qui tranche
les éventuelles contestations.
- En l'absence de contestation du débiteur ou
du
mandataire judiciaire, la déclaration est portée
sur l'état des créances
qui est signé par le juge-commissaire, sans qu'il
soit besoin d'entendre les parties.
- En cas de contestation (sur le montant ou sur la
nature du
privilège), le créancier est invité
à répondre à cette
contestation dans un délai de trente jours
à
compter de la réception de la lettre recommandée
qui lui est envoyée par le mandataire
judiciaire l'informant de cette contestation. En l'absence
de réponse du créancier, ce dernier s'interdit
toute contestation ultérieure
de la décision du juge-commissaire si ce
dernier
entérine la proposition du mandataire. Si la
contestation demeure, les parties sont convoquées
à l'audience du juge-commissaire qui
statuera
sur le sort de la créance.
Les décisions d'admission ou de rejet des créances
ou d'incompétence prises par le
juge-commissaire
sont portées sur un
état des créances ; cet état est déposé
au greffe du
Tribunal où toute personne intéressée
peut
dès lors en prendre connaissance.
Le paiement des créances
Le paiement des créances dépend de l'issue
de
la procédure et/ou du rang de préférence
entre les différents
créanciers.
Dans tous les cas, seules les créances salariales
sont
payées en priorité.
Dans les procédure de sauvegarde ou de redressement
judiciaire, elles sont payées dans le plan, c’est
à dire après :
- L’homologation du plan qui peut intervenir 6
mois à 1 an après le jugement d’ouverture
;
- Le paiement des dividendes par le débiteur
entre les mains du commissaire à l’excécution
du plan ;
- La répartition de ces dividendes au prorata de
la créance admise par rapport à la
totalité
des créances admises.
En pratique, les paiements ne peuvent pas intervenir en
moins d’un an après l’ouverture de la
procédure collective.
Les différentes issues possibles de la
procédure
- En sauvegarde et redressement judiciaire, le Tribunal
arrête
un plan d'apurement de la totalité du
passif
pour tous les créanciers. Avant
que ce plan ne soit arrêté, les créanciers
reçoivent le projet de plan du mandataire judiciaire,
pour
avis. Il est important de répondre
à cette consultation notamment si le créancier
souhaite une remise de sa créance car le
Tribunal
ne peut pas lui imposer. En revanche, le Tribunal
peut imposer des délais de remboursement
échelonnés
dans le temps (maximum sur 10 ans) ;
- Le Tribunal peut ordonner la cession totale ou
partielle de l'entreprise ;
- La liquidation judiciaire est prononcée si
aucun
plan n'est possible. Dans ce cas, les créanciers
chirographaires ont peu de chance de recouvrer
leur créance. Dans cette hypothèse, un
certificat d'irrecouvrabilité est adressé
au créancier pour lui permettre de justifier le
passage en perte de sa créance.